Nous avons beaucoup trop changés en 2ans pour nous reconnaitre dans l'histoire de Juliette et Romane, nous n'avons plus les mêmes desirs et je ne me reconnais plus en Juliette, et Romane ressemble encore moins à Kana. Nous avons grandis, nos avons appris à vivre de nos propres ailes... et pas ensemble. Alors qu'à 17ans, il etait évident que serions en collocation quand nous partirons de chez nos meres, du moins pour moi et j'avais beaucoup beaucoup d'appréhension, d'où ce texte qui est une catharsis.
A 20ans, il faut se rendre à l'évidence que nos ambitions sont differentes et que nous ne vivrons jamais ensemble, de toutes manieres, je crois que nous n'en avons plus l'envie. Nous avons la certitude que l'autre est là malgré la distance, physique ou mentale alors pourquoi prendre le risque de tout briser?
Je vous remercie tous pour votre lecture et vos visites regulieres. Je ferai peut-etre un blog à coté pour publier les chapitres que j'ai ecris mais qui ne sont pas dans la suite de l'histoire.
Caly
Il y a 3jours, je me suis faite réveillée par un bruit de verre brisé , j'ai d'abord cru qu'il s'agissait des cambrioleurs et qu'ils venaient de kidnapper ma bouteille de tequila cachée dans le frigo en otage, qu'ils l'avaient déjà finie et donc jeter par terre.
Je me suis donc précipitée dans la cuisine, sans même prendre le temps d'enfiler un t-shirt mais avec ma batte de baseball dans la main et j'y ai trouvé non pas des cambrioleurs mais Romane absorbée par les débris et son jus d'orange qu'elle avait explosés par terre. Pour ne pas l'apeuré j'ai baissé ma batte et ai attendu qu'elle éclate de rire en me voyant simplement en boxer au milieu de la cuisine, avec la batte à la main, telle Xena la guerrière qui vient sauver Gabrielle.
Au lieu de ça, elle a éclaté en sanglots, je ne savais pas que je pouvais autant désespérer les gens par ma bêtise j'ai hésité pendant un moment à être vexée et finalement, j'ai cherché ce qui pourrait la rendre si malheureuse. C'est à ce moment là que j'ai vu le post-it et j'ai reconnu l'écriture de Gwenina, ça ne devait pas être un mot doux, Romane avait des larmes de douleur, je lui ai pris le post-it des mots et j'ai lu "je suis désolée… ne cherche pas à me retrouver.", mon premier reflex a été d'avoir envie de la frapper. Non mais ça va pas la tête? On ne part pas comme ça, sans donner d'adresse à son actuelle et à son ex.
Et puis, j'ai pris Romane dans mes bras, il fallait que je lui montre que j'étais là pour elle, nous sommes restées ainsi, sans un mot , pendant plusieurs heures. J'avais des crampes dans les jambes à force d'être debout sans rien faire, j'ai pensé aux participants de koh-lanta sur leur poteau durant la dernière épreuve, mais nous pouvions même pas nous asseoir par terre, il était plein de jus d'orange et de verre … Je devais aussi réfuter mes envies de l'embrasser, ça me tordait le ventre mais ce n'était vraiment pas le moment adapté. Cela ne se fait pas de profiter de la faiblesse de l'autre, je devais rester une parfaite gentleman.
Une fois que Romane a pu bouger, je l'ai aidé à faire le tour de l'appartement pour retrouver les affaires de Gwen, elle n'avait pas pu enlever toutes ses affaires quand même !! En deux mois de relation avec moi puis avec Romane, elle avait laissé un certains nombres d'affaires dont certaines dans ma chambre. Mais nous n'avons rien retrouvé, même pas une chaussette orpheline ou un cheveu abandonné dans la baignoire. RIEN du tout !!
Apres, elle a essayé d'appeler sur le portable de Nina, mais il était sur répondeur, puis sur le fixe mais le numéro n'était plus attribué.
La fuite de Nina était donc prévue depuis au moins deux semaines alors, c'est-à-dire presque le moment où elle est sortie de l'hôpital. Je me sens responsable de la douleur de Romane, si je n'avais pas essayé de les tuer, elles seraient encore probablement ensemble et Romane serait heureuse, alors que là, elle n'est plus qu'un amas de douleurs et de larmes.
Mais comment faire pour réparer mes erreurs? Je ne peux pas retrouver Gwen si elle part de la ville, change de numéro et disparaît. Elle ne sera probablement pas à la fac lundi , ni les jours suivants. Je peux toujours essayé de retrouver Arthur…
©Caly
« Je suis désolée…
Ne cherche pas à me retrouver. »
Ces quelques mots griffonnés sur un post-it collé sur le frigo.
J’ai tout d’abord pensé à une blague. Il était en effet déjà arrivé à Gwen de se lever plus tôt que moi le matin, et de rentrer avec des pains au chocolat, des croissants, ou aux friandises.
Mais cette fois-ci, en posant mon pied à terre, la sensation était différente. Elle n’était plus dans le lit, et j’avais le sentiment étrange que quelque chose avait changé. Me dirigeant comme à mon habitude vers le frigo pour mon verre de jus d’orange matinal, c’est là que je l’ai vu. Ce petit morceau de papier, posé là comme par erreur. Mes lunettes étant restées posées sur la table de nuit, j’ai également d’abord pensé à un mot d’amour. Mais quand mes yeux se sont posés pour lire, mon corps s’est figé. L’éclat du verre sur le sol a réveillé Juliette, qui a accouru dans la cuisine batte de base-ball à la main, pensant qu’il s’agissait de cambrioleurs. Cette scène se serait déroulée dans un autre contexte, j’aurais ris à n’en plus finir toute la journée.
Au contraire de ça, je suis restée figée devant le frigo pendant 30 minutes. J’ai lu et j’ai relu ces mots pensant qu’il s’agissait d’un vilain cauchemar et que j’allais me réveiller d’un instant à l’autre dans ces bras qui me serreraient fort.
Mais je ne me suis pas réveillée, j’ai continué à fixer le post-it.
Les larmes ont commencé à couler le long de mes joues, sans qu’aucuns sons ou mouvements ne proviennent de mon corps qui était devenu totalement stoïque.
Gwen, Gwen, ma Gwen… Des idées saugrenues me passèrent soudainement par la tête. Peut-être avait-elle était kidnappée et ses ravisseurs l’avaient forcé à écrire ces mots. Peut-être ses parents l’avaient-ils forcé à entrer chez les nonnes, ils auraient eux-mêmes laissé ce mot pour me faire croire à une rupture.
Peut-être une forme de vie extraterrestre était venue la chercher car elle était l’Élue.
Non, non, cela ne pouvait être cela.
Mais alors, pourquoi serait-elle partie comme ça, sans explications, sans aucuns mots, sans rien ? Alors que tout semblait aller entre nous, que nous avions survécu à du coma et des blessures graves après notre accident.
Les questions se bousculaient dans mon esprit confus. C’était comme si le temps s’était arrêté, comme si plus rien n’avait de sens.
Juliette ayant rapidement compris qu’il ne s’agissait pas de cambrioleurs, elle s’approchât de moi et lut le post-it. Son premier réflexe fut de me serrer dans ses bras, alors que mon état s’approchait fort de celui d’un arbre. Je n’avais pas bougé d’un centimètre depuis déjà une bonne heure. Je respirais à peine, seuls mes yeux clignaient encore. Et les larmes coulaient, coulaient, sans que je ne puisse rien contrôler.
Après quelques heures passées ainsi, je me décida enfin à bouger. Ma première idée fut d’essayer de l’appeler sur son portable et chez elle. Son numéro de portable et son numéro de fixe n’étaient plus attribués. Mon ventre se transforma en champ de bataille, j’avais l’impression que quelqu’un s’amusait avec comme avec un punching-ball. Plus rien. C’était comme si Gwen n’avait jamais existé. Est-ce que j’avais rêvé pendant tout ce temps ? Non. Non ? Mon cerveau commençait déjà à douter à cause de tout cela. Après avoir fait un rapide tour de la grotte, je me rendis compte qu’il n’y avait plus aucunes de ses affaires, il restait seulement l’unique photo de nous deux, trônant sur la table de nuit comme dernier souvenir de ces 2 derniers mois.
Gwen avait disparu. Gwen était partie. Évanouie dans la nuit. Comme si tout ceci n’avait été qu’un stupide rêve d’ado, alors que mon corps portait la cicatrice prouvant pourtant que tout avait bien été réel, si réel.
Tu es entre les mains d’une nouvelle Juliette, exit les cheveux longs et châtains, place aux courts et bleus, c’est le résultat d’un week-end chez une connaissance de la fac; Lilou, qui en plus d’être lesbienne est fétichiste des cheveux et elle vouait une passion aux miens.
En cadeau pour la remercier de la nuit fantastique qu’elle m’a faite passée je lui ai offert. Par chance, elle possédait une tondeuse, en plus de la super « bikini » de calor, et elle a pris un énorme plaisir à me dénuder la tête.
Passer de 80cm à 80mm est un sentiment que je qualifierais d’assez particulier mais pas désagréable au final. Après cette nouvelle expérience, nous avons passer notre dimanche au lit, et lundi nous avons omis de nous lever pour aller à la fac, il était plus agréable de rester dans les bras l’une de l’autre. Et lundi soir, j’ai failli être à la rue, j’avais oublié mes clés et Romane ne me reconnaissait pas à travers l’œil de bœuf , j’ai du téléphoné sur le fixe puisque je n’ai pas son numéro de portable et lui dire « Romane ouvre s’il te plait, c’est moi devant la porte !!!!! » pour sa défense on peut expliquer son manque de reconnaissance par le fait que je l’ai réveillée, oui à 18h, et qu’elle a du avoir un week-end chargé avec Gwen.
Heureusement que je n’étais pas à la grotte, je ne me sens toujours pas capable de revoir mon ex, et encore moins de les voir ensemble, à niaiser en se faisant des petits bisous, se disant des “ma chérie” , et autres “mon coeur” , rire de choses que je ne peux pas comprendre, pourtant il faudra bien que je le fasse un jour, surtout si entre elles ça dure longtemps.
Enfin bref, pour en revenir à lundi, j’arrive à l’appart, je sonne , je téléphone, Romane ouvre la porte et…
«-Juliette!!!!! Mais qu’est-ce que t’as fais? ! »
-Tu n’aimes pas? Avec un air navré
-Tu rigoles?! J’ADORE !
-……
-Enfin, comme ça tu ne peux plus sortir , toute la rue va te tomber dessus
-Oh ben c’est pas grave ça
-Tu vas me faire de la concurrence…
-Mais noooon, tu prendras mes exes, c’est pas grave, tu l’as fait une fois, ça ne va pas te déranger de recommencer.
-Tu sais très bien que je suis désolée, et que j’avais pas prévu ce qui se passe avec Gwen, je l’ai trouvé en pleurs dans le couloir, j’ai voulu la consoler et ça a dérapé, elle m’a embrassé..
-Tu aurais pu la rejeter doucement
-Non… je ne sais pas le faire. Et puis je te croyais hétero donc Gwen n’en qu’une amie dans mon esprit.
-Tu as donc cru à mon histoire de cousine malade? ( en se retenant de rire)
-Euh nan, mais… c’était plus simple de se voiler la face »
Romane était au bord des larmes à ce moment, j’ai donc préféré arrêter ce procès qui était inutile en fait, on avait toutes les deux des torts dans cette histoire.
« -Excuses-moi de remettre sur le tapis, c’est pas grave, tu pouvais pas savoir et puis si elle n’étais plus avec moi à ce moment là, c’était de ma faute, c’est moi qui l’ai trompé et elle avait tout à fait le droit d’avoir quelqu’un d’autre dans sa vie… sauf que c’est pas facile à accepter d’être remplacer si vite. » Et je me suis avancée vers Romane pour lui faire un bisou sur la joue.
Elle a souri avant de changer de sujet, pour me dire qu’elle a une teinture bleu électrique dans son armoire et qu’elle est persuadée que ça m’ira à ravir…
Et c’est comme ça que je me suis retrouvé en soutif devant Elle, qui me massait le crâne pour que le produit imprègne bien.
Du 17 au 20novembre, ma vie était placée sous le signe de la luxure..
©Caly
Nous sommes donc de retour à l’appartement, à profiter des journées puisque ni Gwen ni moi n’avons pu reprendre les courses après l’accident.
Nous continuons donc notre vie en rythme vacances :
-
- lever qui, par conséquence, ne s’effectue qu’en milieu d’après-midi, c'est-à-dire entre 14 et 18h, selon les jours et les activités
- activités qui soit dit en passant tournent principalement autour du fait de rattraper le temps perdu… Bref, je crois que tout le monde comprend…
Nous avons également recroisé Juliette, enfin même très bien recroisé puisqu’elle vit à nouveau à l’appartement avec nous, après quelques jours passés avec sa mère que nous avons donc rencontré pour la première fois !
J’ai également eu une étonnante surprise il y a 2 jours.
La sonnette sonne, il est 18h. Oui évidemment dit comme ça cela semble normal.
Sauf que je dormais encore, j’ai donc enfilé rapidement un semblant d’habits, c'est-à-dire un caleçon et une brassière. Je regarde à travers l’œil de bœuf, et je vois une fille aux cheveux courts, très courts. Je me dis alors que c’est encore une des ces lesbiennes qui vient nous marchander pour un club d’échangisme ou quelque chose du genre, il faut dire que Gwen et moi sortons très (trop ?) souvent dans le milieu, et que les gens ont un peu tendance à nous coller… Donc, énervée de m’être levée pour rien, je retourne m’affaler dans mon lit. Et là, évidemment, le fixe sonne.
« Romane ouvre s’il te plait, c’est Juliette à la porte !!!!! »
« Quoi c’est toi le truc sans cheveux ?! »
« Euh oui… Bon dis tu viens m’ouvrir ? »
Suis-je en train de dormir et tout ceci ne serait alors que le fruit de mon imagination débordante ?
Juliette, la petite fille sage, timide et qui ne parle pas est-elle réellement devant ma porte, ses longs cheveux d’au moins 40 kilomètres (non je n’exagère qu’à peine) disparus pour quelques millimètres ?
La réponse est affirmative je crois…
« Tu n’aimes pas ? » me dit-elle d’un air déçue
(Évidemment que j’aime, c’est juste que oui, ça change… En bien !)
« Enfin bon, tu ne vas plus pouvoir sortir comme ça, toute la rue va te tomber dessus »
« Oh ben c’est pas grave ça ! »
« Tu vas me faire de la concurrence… »
« Mais noooon, tu prendras mes exes, c’est pas grave, tu l’as fait une fois, ça ne va pas te déranger de recommencer… »
Et là le blanc s’installe… Les larmes commencent à me monter aux yeux…
« Je suis désolée tu le sais… Je ne pouvais pas savoir… »
S’en suivent quelques explications que je préfère oublier car depuis l’accident ce sujet reste pour moi quand même difficile à aborder…
Pour changer de sujet, une illumination me rappelle que j’ai une magnifique teinture bleue qui traîne dans mon placard et qui achèvera ce changement digne d’armagedon.
C’est ainsi que Juliette s’est retrouvée le plus naturellement du monde en soutif, alors que je lui malaxais le cuir chevelu de bleu électrique.
Nous avons passées les soirées qui ont suivi, Gwen, Juliette et moi à jouer aux parfaites teenagers, version lesbienne.
Soirées pyjamas en pyjama façon… nous. À regarder The L Word, ou d’autres films lesbiens, autour de bouteilles de vodka, notre meilleure amie !
J’espère de tout mon coeur que Romane et/ou Gwenina ne se rappelle(nt) pas de qui les a poignardées. Je vis à travers elle, et Gwen est une ennemie pour moi je l’écrase entre mes doigts. En tous cas; elles n’ont pas eu l’air de vouloir se venger quand on les a vu, enfin croisées, elles m’ont demandés comment je vais, quand je suis sortie de l’hôpital et qui était la femme qui m’accompagnait, quelles étaient mes blessures etc etc. J’ai été rassurée de les voir saines et sauves, j’avais pas de nouvelles d’elles depuis 10jours quand même, Arthur n’est pas repassé après avoir déposer mon journal, enfin toi.
Passer la porte n’était pas une chose facile, j’ai eu du mal, je ne voulais pas voir le sang qui souillait la moquette de l’entrée, mais elle avait été nettoyée, heureusement, pourtant le long du chemin, les images de ma tentative de meurtre me revenaient peu à peu, je me revoyais debout à attendre et puis leur arrivée et le couteau qui se plante dans leur corps, la dureté de la peau puis la tendresse de l’intérieur. Je ne comprends toujours pas mon geste, je me fais peur, et mentir toujours, tout le temps, jusqu’à la fin de ma vie, me panique, je hais mentir et là je dois le faire pour tous.
Avec ma mère, nous avons passé une journée à nous occuper de nous, je déteste faire la fille, une journée en institut de beauté c’est un supplice pour moi, mais pour elle, je devais le faire, elle avait besoin de se retrouver avec la fille qu’elle avait avant, et moi, je jouais à la petite fille parfaite, je suivais l’exemple de mes amies, tu sais celles qui m’ont rejetées à cause de ma différence , je jouais à l’hétéro, les petits amis en moins. Et pendant trois jours j’ai renfilé mon costume, je suis pressée de redevenir moi, je suis en manque de baggy, de vans et de pull trop grand, j’ai envie de couper mes cheveux aussi, pour dire au revoir à la Juliette d’avant une fois pour toute, et si je me rasais la tête? Ça ferait un super changement, le symbole de la fin de ma vie hétérosexuelle.
En fait, j’aime pas qu’on s’occupe de moi, je ne m’aime pas, et que quelqu’un d’autre touche mon corps, lui fasse du bien, je ne l’accepte pas, mais au final, c’était agréable les massages, le maquillage et l’épilation, j’ai moins aimé, mais il faut avouer que c’était bien fait, et finalement une journée en fille , de temps en temps, c’est pas si mal, mais il ne faut pas que ça soit trop souvent, en trois mois, j’ai pris mon indépendance et je ne veux pas reprendre mon costume à plein temps.
Comme tu peux le voir, je suis toujours perdue, je ne sais pas quoi faire de moi, de ma vie, mon avenir, mes sentiments, mon appartement, mes études. J’ai une seule certitude de plus qu’il y a trois jours, je sais que ma mère m’aime et que quoi que je fasse ; elle me suivra , elle ne veut pas me reperdre, trois mois sans moi lui ont permis d’ouvrir les yeux sur l’amour qu’elle me porte, et que si elle doit mentir à son mari elle le fera, elle veut me protéger, et revenir dans ma vie, on a décidé qu’on se verrait au moins par mois si c’est possible, elle viendra un jour ou un week-end chez moi. On a besoin de se parler, d’égale à égale, de femme à femme et plus d’enfant à parent, je n’accepterai plus jamais de lui être inférieure, j’aurai trop peur qu’elle m’enferme à nouveau. On doit réapprendre à se faire confiance mutuellement.
L’avenir nous donnera les réponses à nos questions.
©Caly
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©Caly et Kanabutch
11 novembre 2006
Une longue semaine depuis la dernière fois…
Gwen et moi sommes toujours à l’hôpital, nous sortons le 14. Je suis partagée entre la lassitude d’être ici, qui est cependant un lieu sûr, et l’envie de rentrer chez moi tout en ayant peur de retourner à l’endroit où tout a failli s’arrêter… Tout ceci est encore une fois bien compliqué, trop compliqué pour moi qui d’habitude ne m’encombre pas des choses compliquées. Ou tout du moins j’essaye.
Les infirmières nous ont dit que Juliette était partie de l’hôpital avant-hier. Nous n’avons pas eu de nouvelles d’elle depuis notre entrée. Je me demande toujours pourquoi elle n’était pas avec nous dans la chambre, pourquoi nous n’avons pas pu la voir, et surtout comment elle va. J’espère qu’elle sera à l’appartement quand nous rentrerons.
Les sorties dans les bars du marais et les boîtes me manquent. Enfin il faut relativiser, grâce à ce merveilleux accident mon 1er semestre à la fac est foiré, je ne reprendrais donc les cours que mi voir fin février. Ce qui me laisse donc largement le temps de rattraper ce retard regrettable. Enfin… Je ne sais pas trop si Gwen sera totalement d’accord avec ça. On verra bien !
Je me surprends à penser à ça alors que d’habitude, l’idée ne m’effleurerait même pas l’esprit. Il est vrai que l’histoire avec Gwen n’a commencé qu’il y a peu, et surtout d’une très drôle de façon. Peut-être que c’est pour cette raison que j’ai l’envie, que je n’avais pas eue depuis longtemps, de rester avec une fille, et de me poser tranquillement.
Cependant, au fond de mon cœur, je sens encore l’envie opposée d’au contraire profiter de la vie, car cet accident m’a permis de me rendre compte que la vie est courte et qu’elle peut s’arrêter à tout instant.
Connerie de phrase à deux balles certes, mais tellement vraie…
14 novembre 2006
Se faire réveiller par les infirmières le matin pour prendre notre température, c’est nul. Manger à heure fixe un plateau repas dégueulasse, c’est nul.
N’avoir comme chaîne que TF1, c’est nul (oui bon excepté quand ils diffusent Les Experts…).
Se faire réveiller toutes les heures de la nuit par ces foutus appareils qui font bipbip en permanence, c’est nul.
Sentir son sang dégouliner sur le bras parce que l’infirmière ne va pas assez vite pour mettre le petit tube pour faire la prise de sang (3 fois par semaine…), c’est nul.
Ne pas pouvoir prendre sa copine dans ses bras parce que ya trop de fils qui pendouillent partout, c’est nul.
Se déplacer avec un truc à roulettes, à la limite ça pourrait être drôle, mais quand le truc en question ne roule pas droit et se casse la gueule, c’est nul.
Bref, l’hôpital finalement, c’est un peu nul quand même.
On est tellement mieux, dans un bar, à boire de l’alcool avec ses amies pour fêter le retour à la maison, et avec sa copine !
On est tellement mieux, à danser sans se préoccuper de tel ou tel fil qui va se coincer je n’sais où et biper encore plus fort.
On est tellement mieux à manger une pomme [ private joke désolée :x ].
On est tellement mieux, à se sentir vivre, et à s’amuser…
On est tellement mieux, coller tout contre sa copine, à la câliner sans cesse, et à l’embrasser…
Que font les 13autres? Ils lisent un article et partent parce que ça ne les interesse pas? Il y a t-il vraiment un interet de continuer à ecrire s'il n'y a aucun retour?
©Caly qui doute
Vous savez, c'est un peu comme quand vous vous réveillez un lendemain de cuite et que vous ne savez pas où vous êtes ni ce que vous avez fait la veille.
Eh bien à cet instant précis, quand j'ai ouvert les yeux, c'est à peu près ce que j'ai ressenti (ça et aussi le fait que ma vie était limitée dans le temps). Tous ces concepts qu'on essaye vaguement de vous faire comprendre comme quoi la vie est courte, on est tous éphémères etc ils en devenaient presque palpables tellement leur réalité m'avait fait frolé la fin.
"Rien n'arrive sans raison"
C'est marrant mais j'ai toujours cru en ce genre de conneries : destin, fatalité, déterminisme... peut être que c'est parce que je ne crois en aucune religion et que je ne me drogue pas : je ne peux soulager mon angoisse ni en me recueillant dans des prières ou des méditations ni en ingérant des toxiques. Alors oui peut être que j'ai besoin de croire que ma vie n'est pas comme elle est tout simplement parce que je l'ai voulue comme ça. C'est tellement plus simple de considérer qu'une sorte de puissance cosmique contrôle ce qui vous arrive...
En attendant, j'étais dans un lit d'hôpital branchée tel un ordinateur à sa prise et j'avais qu'une envie : partir. Et comprendre aussi. Parce qu'évidemment il m'était impossible de remonter par la pensée aux causes de mon arrivée ici.
Alors on m'a expliqué. On m'a vaguement parlé de Romane, de Juliette, d'agression et de je ne sais plus quoi exactement... Alors qui ? quoi ? quand ? Je ne comprenais toujours rien malgré toutes ces explications. Ma tête était remplie d'une sorte de brouillard opaque. J'étais en vie en tous les cas et j'avais de quoi occuper ma culpabilité pendant un moment ! Il me suffisait de tourner la tête.
Oui parce qu'en fait je suis à l'hôpital dans la même chambre que Romane et en tournant la tête c'est elle que je vois... et ça me rappelle que oui encore une fille avec qui j'ai passé une nuit, deux même. Encore un sombre échec dans mes tentatives de bonheur amoureux. Amoureux, quel mot : on néglige bien trop souvent l'impact, le poids, l'importance relative des mots (pourtant il suffirait de mettre un dico sur une balance pour s'en rendre compte, hum) et du coup on ne sait même plus si on les emploie par habitude, par dépit, ou par envie parce qu'on croit réellement et profondément en ce qu'on dit ? Peut être étais-je dotée d'une sorte d'incapacité chronique à aimer. Et puis merde j'aurais pu etre dénuée de tout sentiment quand même ! pourquoi faire les choses à moitié ?! Non il faut qu'il me reste ma culpabilité (saloperie de surmoi freudien à la con)... Il faut que je lui parle. Je le ferai. Il faut que j'appelle Marie aussi. Et à Juliette, mais bon à la limite avec elle ça peut passer étant donné qu'elle m'a méchament fait cocue avec une inconnue.
©Kö





