Il se passe des choses étranges dans cet appartement. Cette nuit, alors que pour une fois je ne suis pas sortie, et que je dormais donc paisiblement en tant que larve marmotte qui se respecte, j’entends des cris de filles venant de la chambre de Juliette, relativement forts pour qu’ils aient réussi à me tirer de mon profond sommeil. Je sors donc de ma chambre dans un état de comatage avancé, et voyant une silhouette courir dans le couloir puis claqué la porte, je la suis.
Oui, suivre une silhouette à 4h du matin alors qu’on est en caleçon-tshirt est tout à fait normal, je vous l’accorde. Mais il s’est avéré après une petite course jusqu’au bout de la rue pour rattraper ladite silhouette, qu’il s’agissait de la fille, en pleurs. Évidemment oui, quand il est 4h du matin, qu’on est en caleçon-tshirt dans la rue, on la prend dans ses bras ne sachant même pas ce qu’il lui arrive, on sèche ses larmes et on lui propose de venir passer le reste de la nuit avec soi. Toute butch qui se respecte ferait ça n’est-ce pas ? D’autant plus que tout ceci se fait en tout bien tout honneur, évidemment.
Mais évidemment, si la demoiselle s’avère être toujours aussi triste et tente de vous embrasser, on lui dit non une fois, deux fois, qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait car elle ne va pas bien. Mais à la troisième fois ? Est-ce que, sérieusement, à la troisième fois on lui dit toujours non ? Eh bien la réponse est non, bougrement non. À la troisième fois, on se dit que finalement, si elle fait ça, c’est qu’elle le veut vraiment, après tout, on peut calmer une douleur par un autre plaisir, logique non ?
Alors que je m’étais promis de ne plus coucher plusieurs fois avec une même personne, alors que je m’étais dis que non, rien ne pouvais m’atteindre, et surtout pas une belle jeune fille, gentille au possible, touchante comme jamais, attachante et intelligente. Non ça ne devait pas. Pourtant c’était en train d’arriver et je le savais. Mon subconscient m’avait-il délibérément envoyé suivre cette silhouette que je ne savais même pas encore appartenir à cette fille ?
Je me retrouvais à nouveau dans ses bras, à aimer sa présence, à aimer sentir son odeur si enivrante, à aimer essayer de la réconforter, sans même savoir pourquoi elle était si triste. Et tout en lui faisant l’amour, je pensais. Pensais à comment ça pourrait être, qu’elle ne soit pas qu’une fille d’une (ou deux) nuits. Et même, qu’elle soit ma copine. Étranges pensées alors que d’habitude, c’est ces pensées que je refoulais, que j’envoyais au fin fond de ma tête, pour ne plus y penser, et par la même occasion, ne pas souffrir.
Au petit matin, alors qu’elle commença à fatiguer, elle s’endormit tendrement dans mes bras, chose qui ne m’était pas arrivé depuis plus d’un an. D’habitude, une fois la chose faite, souvent même faite un certain nombre de fois, soit je partais, soit je demandais à la fille de partir, soit je m’endormais à l’autre bout du lit. Mais là non, elle resta tranquillement allongée contre moi, comme pour être certaine d’être protégée, chose que je me surprenais à faire avec plaisir, et de façon tellement plus naturelle que je ne l’eus jamais pensé.
Après avoir dormi quelques heures, la demoiselle se réveilla. Elle semblait un peu apaisée comparativement à la veille, mais lorsqu’elle me demande si je pouvais récupérer quelques affaires que Juliette avait dans sa chambre, ses oeils semblaient légèrement triste. Une dispute d’amies probablement. Elle ne voulut pas m’expliquer ce qui s’était passé. Je laissai donc ce petit détail de côté, en profitant de ces tendres moments, pensant que d’ici quelques minutes, elle m’annoncerait qu’elle devait partir, et qu’on ne se reverrait sûrement pas.
À ma grande stupéfaction, elle me demanda si j’étais d’accord pour restée avec elle toute la journée, et pour passer également la soirée ensembles. Comme Juliette m’avait prévenu il y a quelques jours qu’elle ne serait pas là, j’acceptais avec joie.
Alors que depuis des mois, je m’efforçais de garder une certaine distance avec les gens, afin de ne pas m’attacher, et par conséquence de ne pas souffrir, j’étais en train de faire totalement l’inverse de ce que je m’étais promis.
Et puis, après tout, pourquoi pas ?
©Kanabutch
Au passage, je souhaite à tous et toutes de bonnes fêtes, joyeux nowel et bonne année! Je m'excuse pour le retard, j'ai été siouper malade pendant une semaine, puis reprise à la fac et enfin les vacances qui m'ont permis d'écrire ^^ Enfin bref, 3615 ma vie mais 'voulais m'excuser pour ce léger petit retard (chronique certes, mais bon chut :D)





