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  • : Journaux imaginaires de deux lesbiennes de nos jours...
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  • : Il est recommandé de commencer à lire par les archives d'Aout par la deuxieme page, puis lire de bas en haut. Le journal de Romane est écrit en bleu, alors que celui de Juliette est en violet. Les commentaires sont appreciés ;)
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Jeudi 9 août 2007

« Je suis désolée…
Ne cherche pas à me retrouver. »

 
Ces quelques mots griffonnés sur un post-it collé sur le frigo.
J’ai tout d’abord pensé à une blague. Il était en effet déjà arrivé à Gwen de se lever plus tôt que moi le matin, et de rentrer avec des pains au chocolat, des croissants, ou aux friandises.
Mais cette fois-ci, en posant mon pied à terre, la sensation était différente. Elle n’était plus dans le lit, et j’avais le sentiment étrange que quelque chose avait changé. Me dirigeant comme à mon habitude vers le frigo pour mon verre de jus d’orange matinal, c’est là que je l’ai vu. Ce petit morceau de papier, posé là comme par erreur. Mes lunettes étant restées posées sur la table de nuit, j’ai également d’abord pensé à un mot d’amour. Mais quand mes yeux se sont posés pour lire, mon corps s’est figé. L’éclat du verre sur le sol a réveillé Juliette, qui a accouru dans la cuisine batte de base-ball à la main, pensant qu’il s’agissait de cambrioleurs. Cette scène se serait déroulée dans un autre contexte, j’aurais ris à n’en plus finir toute la journée.
Au contraire de ça, je suis restée figée devant le frigo pendant 30 minutes. J’ai lu et j’ai relu ces mots pensant qu’il s’agissait d’un vilain cauchemar et que j’allais me réveiller d’un instant à l’autre dans ces bras qui me serreraient fort.
Mais je ne me suis pas réveillée, j’ai continué à fixer le post-it.
Les larmes ont commencé à couler le long de mes joues, sans qu’aucuns sons ou mouvements ne proviennent de mon corps qui était devenu totalement stoïque.

Gwen, Gwen, ma Gwen… Des idées saugrenues me passèrent soudainement par la tête. Peut-être avait-elle était kidnappée et ses ravisseurs l’avaient forcé à écrire ces mots. Peut-être ses parents l’avaient-ils forcé à entrer chez les nonnes, ils auraient eux-mêmes laissé ce mot pour me faire croire à une rupture.
Peut-être une forme de vie extraterrestre était venue la chercher car elle était l’Élue.
Non, non, cela ne pouvait être cela.
Mais alors, pourquoi serait-elle partie comme ça, sans explications, sans aucuns mots, sans rien ? Alors que tout semblait aller entre nous, que nous avions survécu à du coma et des blessures graves après notre accident.

Les questions se bousculaient dans mon esprit confus. C’était comme si le temps s’était arrêté, comme si plus rien n’avait de sens.
Juliette ayant rapidement compris qu’il ne s’agissait pas de cambrioleurs, elle s’approchât de moi et lut le post-it. Son premier réflexe fut de me serrer dans ses bras, alors que mon état s’approchait fort de celui d’un arbre. Je n’avais pas bougé d’un centimètre depuis déjà une bonne heure. Je respirais à peine, seuls mes yeux clignaient encore. Et les larmes coulaient, coulaient, sans que je ne puisse rien contrôler.

Après quelques heures passées ainsi, je me décida enfin à bouger. Ma première idée fut d’essayer de l’appeler sur son portable et chez elle. Son numéro de portable et son numéro de fixe n’étaient plus attribués. Mon ventre se transforma en champ de bataille, j’avais l’impression que quelqu’un s’amusait avec comme avec un punching-ball. Plus rien. C’était comme si Gwen n’avait jamais existé. Est-ce que j’avais rêvé pendant tout ce temps ? Non. Non ? Mon cerveau commençait déjà à douter à cause de tout cela. Après avoir fait un rapide tour de la grotte, je me rendis compte qu’il n’y avait plus aucunes de ses affaires, il restait seulement l’unique photo de nous deux, trônant sur la table de nuit comme dernier souvenir de ces 2 derniers mois.


Gwen avait disparu. Gwen était partie. Évanouie dans la nuit. Comme si tout ceci n’avait été qu’un stupide rêve d’ado, alors que mon corps portait la cicatrice prouvant pourtant que tout avait bien été réel, si réel.

Il ne restait là plus que mon cœur, déchiré et brisé, et l’incompréhension totale de ce qui m’arrivait…

©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Samedi 14 avril 2007
Retour à une vie (presque) normale.
Nous sommes donc de retour à l’appartement, à profiter des journées puisque ni Gwen ni moi n’avons pu reprendre les courses après l’accident.
Nous continuons donc notre vie en rythme vacances :
-
coucher tous les jours aux alentours de 5/6h
-
lever qui, par conséquence, ne s’effectue qu’en milieu d’après-midi, c'est-à-dire entre 14 et 18h, selon les jours et les activités
-
activités qui soit dit en passant tournent principalement autour du fait de rattraper le temps perdu… Bref, je crois que tout le monde comprend…

Nous avons également recroisé Juliette, enfin même très bien recroisé puisqu’elle vit à nouveau à l’appartement avec nous, après quelques jours passés avec sa mère que nous avons donc rencontré pour la première fois !

J’ai également eu une étonnante surprise il y a 2 jours.
La sonnette sonne, il est 18h. Oui évidemment dit comme ça cela semble normal.
Sauf que je dormais encore, j’ai donc enfilé rapidement un semblant d’habits, c'est-à-dire un caleçon et une brassière. Je regarde à travers l’œil de bœuf, et je vois une fille aux cheveux courts, très courts. Je me dis alors que c’est encore une des ces lesbiennes qui vient nous marchander pour un club d’échangisme ou quelque chose du genre, il faut dire que Gwen et moi sortons très (trop ?) souvent dans le milieu, et que les gens ont un peu tendance à nous coller… Donc, énervée de m’être levée pour rien, je retourne m’affaler dans mon lit. Et là, évidemment, le fixe sonne.

« Romane ouvre s’il te plait, c’est Juliette à la porte !!!!! »
« Quoi c’est toi le truc sans cheveux ?! »
« Euh oui… Bon dis tu viens m’ouvrir ? »

Suis-je en train de dormir et tout ceci ne serait alors que le fruit de mon imagination débordante ?
Juliette, la petite fille sage, timide et qui ne parle pas est-elle réellement devant ma porte, ses longs cheveux d’au moins 40 kilomètres (non je n’exagère qu’à peine) disparus pour quelques millimètres ?
La réponse est affirmative je crois…

« Tu n’aimes pas ? » me dit-elle d’un air déçue
(Évidemment que j’aime, c’est juste que oui, ça change… En bien !)
« Enfin bon, tu ne vas plus pouvoir sortir comme ça, toute la rue va te tomber dessus »
« Oh ben c’est pas grave ça ! »
« Tu vas me faire de la concurrence… »
« Mais noooon, tu prendras mes exes, c’est pas grave, tu l’as fait une fois, ça ne va pas te déranger de recommencer… »
Et là le blanc s’installe… Les larmes commencent à me monter aux yeux…
« Je suis désolée tu le sais… Je ne pouvais pas savoir… »
S’en suivent quelques explications que je préfère oublier car depuis l’accident ce sujet reste pour moi quand même difficile à aborder…

Pour changer de sujet, une illumination me rappelle que j’ai une magnifique teinture bleue qui traîne dans mon placard et qui achèvera ce changement digne d’armagedon.

C’est ainsi que Juliette s’est retrouvée le plus naturellement du monde en soutif, alors que je lui malaxais le cuir chevelu de bleu électrique.

Nous avons passées les soirées qui ont suivi, Gwen, Juliette et moi à jouer aux parfaites teenagers, version lesbienne.
Soirées pyjamas en pyjama façon… nous. À regarder The L Word, ou d’autres films lesbiens, autour de bouteilles de vodka, notre meilleure amie !

©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Samedi 17 mars 2007

11 novembre 2006

Une longue semaine depuis la dernière fois…

Gwen et moi sommes toujours à l’hôpital, nous sortons le 14. Je suis partagée entre la lassitude d’être ici, qui est cependant un lieu sûr, et l’envie de rentrer chez moi tout en ayant peur de retourner à l’endroit où tout a failli s’arrêter… Tout ceci est encore une fois bien compliqué, trop compliqué pour moi qui d’habitude ne m’encombre pas des choses compliquées. Ou tout du moins j’essaye.
Les infirmières nous ont dit que Juliette était partie de l’hôpital avant-hier. Nous n’avons pas eu de nouvelles d’elle depuis notre entrée. Je me demande toujours pourquoi elle n’était pas avec nous dans la chambre, pourquoi nous n’avons pas pu la voir, et surtout comment elle va. J’espère qu’elle sera à l’appartement quand nous rentrerons.
Les sorties dans les bars du marais et les boîtes me manquent. Enfin il faut relativiser, grâce à ce merveilleux accident mon 1er semestre à la fac est foiré, je ne reprendrais donc les cours que mi voir fin février. Ce qui me laisse donc largement le temps de rattraper ce retard regrettable. Enfin… Je ne sais pas trop si Gwen sera totalement d’accord avec ça. On verra bien !
Je me surprends à penser à ça alors que d’habitude, l’idée ne m’effleurerait même pas l’esprit. Il est vrai que l’histoire avec Gwen n’a commencé qu’il y a peu, et surtout d’une très drôle de façon. Peut-être que c’est pour cette raison que j’ai l’envie, que je n’avais pas eue depuis longtemps, de rester avec une fille, et de me poser tranquillement.
Cependant, au fond de mon cœur, je sens encore l’envie opposée d’au contraire profiter de la vie, car cet accident m’a permis de me rendre compte que la vie est courte et qu’elle peut s’arrêter à tout instant.

Connerie de phrase à deux balles certes, mais tellement vraie…

 

 

14 novembre 2006

(Dans la nuit) Finalement, après une excellente soirée passée en boîte avec sa copine, on se rend compte que l’hôpital, c’est vraiment nul.
Se faire réveiller par les infirmières le matin pour prendre notre température, c’est nul. Manger à heure fixe un plateau repas dégueulasse, c’est nul.
N’avoir comme chaîne que TF1, c’est nul (oui bon excepté quand ils diffusent Les Experts…).
Se faire réveiller toutes les heures de la nuit par ces foutus appareils qui font bipbip en permanence, c’est nul.
Sentir son sang dégouliner sur le bras parce que l’infirmière ne va pas assez vite pour mettre le petit tube pour faire la prise de sang (3 fois par semaine…), c’est nul.
Ne pas pouvoir prendre sa copine dans ses bras parce que ya trop de fils qui pendouillent partout, c’est nul.
Se déplacer avec un truc à roulettes, à la limite ça pourrait être drôle, mais quand le truc en question ne roule pas droit et se casse la gueule, c’est nul.

Bref, l’hôpital finalement, c’est un peu nul quand même.

On est tellement mieux, dans un bar, à boire de l’alcool avec ses amies pour fêter le retour à la maison, et avec sa copine !
On est tellement mieux, à danser sans se préoccuper de tel ou tel fil qui va se coincer je n’sais où et biper encore plus fort.
On est tellement mieux à manger une pomme [ private joke désolée :x ].
On est tellement mieux, à se sentir vivre, et à s’amuser…
On est tellement mieux, coller tout contre sa copine, à la câliner sans cesse, et à l’embrasser…

 

On est tellement mieux, rentrée dans son chez soi, dormir dans son lit… Enfin dormir… Les câlins, c’est comme les sorties en boîte, faut se rattraper…


©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Mardi 30 janvier 2007
Comment reprendre une vie normale après s’être fait sauvagement poignardée par un(e) inconnu(e) en rentrant dans son appartement avec sa copine ? Mais pourquoi il n’y a pas de bouquins à ce sujet dans les librairies ? Certes, paraît-il que c’est exceptionnel, que ça n’arrive jamais, mais là, j’en aurais vraiment besoin…
Une semaine à l’hôpital dans le coma, parce que j’ai eu la chance d’être malformée à la naissance et que mon cœur se situe à droite. Sinon… j’aurais reçu ces coups en plein cœur et je serais probablement morte. Quant à Gwen, tout comme moi à vrai dire, les médecins nous ont dit que cela relevait du miracle. Selon les dires des policiers, le voisin ayant entendu des cris a appelé les secours, qui nous ont retrouvé gisants dans une marre de sang et inconscientes.
Gwen et moi sommes dans la même chambre, et Juliette est toujours également à l’hôpital. Les médecins préfèrent nous garder encore quelques temps en observation.
Je n’ai plus aucuns souvenirs de l’agression, je me rappelle seulement que Gwen et moi rentrions d’une promenade en amoureuses, et puis… plus rien. Le noir total. Et plutôt le rouge, en réalité. Choc traumatique qu’ils ont dit. N’empêche que moi, clouée dans mon lit d’hôpital, toujours sous morphine, à regarder ma chérie qui souffre aussi, choc traumatique ou pas, j’aimerais bien me souvenir du connard qui nous a fichu dans un état pareil, et lui arracher les boyaux pour l’étrangler avec.
Les médecins nous ont dit que la mémoire devrait nous revenir au fil du temps, ce qui permettrait également de conclure l’enquête des policiers.
En attendant la sortie, prévue mi novembre, le temps passe (trop) lentement. Les journées sont rythmées par la venue des infirmières, qui surveillent les 15 tonnes de fils qui pendent à nos bras, les perfusions, les capteurs sur le torse qui me réveillent en pleine nuit quand ils se décollent, ou le bip-bip de la piqûre de morphine qui est vide et qu’il faut remplacer. Ou encore, les promenades dans l’hôpital avec l’espèce de chose à roulettes où sont suspendus les petits paquets contenant des liquides de je ne sais pas bien quoi (oui, moi et la médecine…).
Beau commencement pour mon histoire avec Gwen. Quelques jours à peine à être avec moi, et là voilà qui se retrouve à l’hôpital. Impression étrange que tout est de ma faute.
Et puis qui pourrait nous en vouloir au point de nous tuer ? Ou du moins d’essayer de nous tuer. Une exe ? Non quand même ! Un inconnu qui nous aurait suivi peut-être ? Mais pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?! Cette question me retournait la tête depuis mon réveil. P O U R Q U O I ?
Ces questions restent pour le moment sans réponses… Pour combien de temps encore ?

Pas la force d’écrire plus, mon épaule me lance et la fatigue est omniprésente…

©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Mercredi 27 décembre 2006

Il se passe des choses étranges dans cet appartement. Cette nuit, alors que pour une fois je ne suis pas sortie, et que je dormais donc paisiblement en tant que larve marmotte qui se respecte, j’entends des cris de filles venant de la chambre de Juliette, relativement forts pour qu’ils aient réussi à me tirer de mon profond sommeil. Je sors donc de ma chambre dans un état de comatage avancé, et voyant une silhouette courir dans le couloir puis claqué la porte, je la suis. 

 

Oui, suivre une silhouette à 4h du matin alors qu’on est en caleçon-tshirt est tout à fait normal, je vous l’accorde. Mais il s’est avéré après une petite course jusqu’au bout de la rue pour rattraper ladite silhouette, qu’il s’agissait de la fille, en pleurs. Évidemment oui, quand il est 4h du matin, qu’on est en caleçon-tshirt dans la rue, on la prend dans ses bras ne sachant même pas ce qu’il lui arrive, on sèche ses larmes et on lui propose de venir passer le reste de la nuit avec soi. Toute butch qui se respecte ferait ça n’est-ce pas ? D’autant plus que tout ceci se fait en tout bien tout honneur, évidemment.

Mais évidemment, si la demoiselle s’avère être toujours aussi triste et tente de vous embrasser, on lui dit non une fois, deux fois, qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait car elle ne va pas bien. Mais à la troisième fois ? Est-ce que, sérieusement, à la troisième fois on lui dit toujours non ? Eh bien la réponse est non, bougrement non. À la troisième fois, on se dit que finalement, si elle fait ça, c’est qu’elle le veut vraiment, après tout, on peut calmer une douleur par un autre plaisir, logique non ?

Alors que je m’étais promis de ne plus coucher plusieurs fois avec une même personne, alors que je m’étais dis que non, rien ne pouvais m’atteindre, et surtout pas une belle jeune fille, gentille au possible, touchante comme jamais, attachante et intelligente. Non ça ne devait pas. Pourtant c’était en train d’arriver et je le savais. Mon subconscient m’avait-il délibérément envoyé suivre cette silhouette que je ne savais même pas encore appartenir à cette fille ?

Je me retrouvais à nouveau dans ses bras, à aimer sa présence, à aimer sentir son odeur si enivrante, à aimer essayer de la réconforter, sans même savoir pourquoi elle était si triste. Et tout en lui faisant l’amour, je pensais. Pensais à comment ça pourrait être, qu’elle ne soit pas qu’une fille d’une (ou deux) nuits. Et même, qu’elle soit ma copine. Étranges pensées alors que d’habitude, c’est ces pensées que je refoulais, que j’envoyais au fin fond de ma tête, pour ne plus y penser, et par la même occasion, ne pas souffrir. 

 

Au petit matin, alors qu’elle commença à fatiguer, elle s’endormit tendrement dans mes bras, chose qui ne m’était pas arrivé depuis plus d’un an. D’habitude, une fois la chose faite, souvent même faite un certain nombre de fois, soit je partais, soit je demandais à la fille de partir, soit je m’endormais à l’autre bout du lit. Mais là non, elle resta tranquillement allongée contre moi, comme pour être certaine d’être protégée, chose que je me surprenais à faire avec plaisir, et de façon tellement plus naturelle que je ne l’eus jamais pensé.

Après avoir dormi quelques heures, la demoiselle se réveilla. Elle semblait un peu apaisée comparativement à la veille, mais lorsqu’elle me demande si je pouvais récupérer quelques affaires que Juliette avait dans sa chambre, ses oeils semblaient légèrement triste. Une dispute d’amies probablement. Elle ne voulut pas m’expliquer ce qui s’était passé. Je laissai donc ce petit détail de côté, en profitant de ces tendres moments, pensant que d’ici quelques minutes, elle m’annoncerait qu’elle devait partir, et qu’on ne se reverrait sûrement pas.

À ma grande stupéfaction, elle me demanda si j’étais d’accord pour restée avec elle toute la journée, et pour passer également la soirée ensembles. Comme Juliette m’avait prévenu il y a quelques jours qu’elle ne serait pas là, j’acceptais avec joie.

Alors que depuis des mois, je m’efforçais de garder une certaine distance avec les gens, afin de ne pas m’attacher, et par conséquence de ne pas souffrir, j’étais en train de faire totalement l’inverse de ce que je m’étais promis. 

 

Et puis, après tout, pourquoi pas ?

©Kanabutch

Au passage, je souhaite à tous et toutes de bonnes fêtes, joyeux nowel et bonne année! Je m'excuse pour le retard, j'ai été siouper malade pendant une semaine, puis reprise à la fac et enfin les vacances qui m'ont permis d'écrire ^^ Enfin bref, 3615 ma vie mais 'voulais m'excuser pour ce léger petit retard (chronique certes, mais bon chut :D)

par Kanabutch publié dans : Romane
Dimanche 3 décembre 2006

Finalement, ce problème de transfert de dossier avec mes facs ne m’embête pas plus que ça. Je remercie même au contraire les lenteurs administratives et inter-facs de me permettre de rentrer chaque jour toujours aussi tard.
Quelle idée aussi, de ne pas prévenir que la licence n’est accessible qu’en L3 et non en première année.
C’est vrai que c’est étonnement plus drôle d’appeler la veille de la rentrée pour m’annoncer qu’il faut que je fasse un dossier pour une autre fac où la licence est cette fois-ci accessible en première année. C’est vrai que c’est également étonnement plus drôle de prévenir tellement tard, que les cours ont déjà repris, et que pour couronner le tout je dois attendre ce foutu transfert pour me rendre aux cours.

Bref, en attendant je profite donc, de ces courts derniers jours de vacances, avant la rentrée universitaire.

En rentrant à 7h ce matin, ma force n’a même pas daigné me conduire jusqu’à ma chambre, je me suis donc écroulée toute habillée entre le canapé et la moquette.
Heureusement pour moi, Juliette ne commençait les cours qu’à 11h. À en croire le hurlement qu’elle a poussé en me voyant allongée étendue sur le sol tel un cadavre, elle ne s’attendait pas à me voir à cet endroit en se réveillant.

Pour me faire pardonner de cette frayeur matinale, je lui prépara le petit-déj et en profita pour engloutir une quinzaine de café. Lorsqu’elle me questionna sur ma soirée et nuit, je lui répondis distraitement que j’avais vu quelques amies de longue date, et que c’est pour cette raison que je n’étais rentrée que très tard, expliquant mon arrivée sur la moquette. Je ne pense pas en effet que lui expliquer que j’avais croisé dans un bar l’amie qui était déjà passé à l’appart, et qu’après un grand nombre de cocktails engloutis, cette dernière m’avait proposé de rentrer chez elle afin de… enfin bref non, ce n’aurait pas été une bonne idée.
Juliette avait l’air un peu tendue, elle n’a pas arrêté de regarder son portable en poussant de légers « pfff » voyant que rien n’indiquait de messages ou d’appels. Mais de qui donc pouvait-elle attendre ce message ou cet appel ? Le manque de sommeil et ma curiosité m’aidaient à réfléchir à cette question, en esquissant un léger sourire qui s’amplifia lorsque les souvenirs de la nuit me revinrent à l’esprit.

À 10h30, après que Juliette soit partie, l’idée de faire la larve et de dormir toute la journée m’effleura l’esprit en premier. Mais l’idée saugrenue de faire un grand ménage et de remplir les placards l’emporta bizarrement sur la première. Il est vrai que Juliette n’est pas vraiment une proe de la gestion de la nourriture et des réserves pour l’estomac sur pattes que je suis. C’est pourquoi le frigo se retrouve beaucoup plus souvent vide que plein, pour mon plus grand malheur.

En rentrant, quelques cafés furent nécessaires afin que je ne sombre pas à nouveau dans un sommeil profond sur la moquette.
Dans cet état de comatage, je me surprends à penser à la demoiselle des couloirs. Et si pour une fois, avec elle, une relation serait possible ? Et si pour une fois, cela ne serait pas que pour une seule nuit, mais au contraire pour les nuits de plusieurs mois, et les jours, et les minutes, et les secondes…

Je me surprends à vouloir plus, de l’affection, de la tendresse, de l’amour, de la douceur… Toutes ces choses que j’ai toujours cherchées mais qu’à défaut j’ai renflouées au plus loin, au plus profond pour oublier qu’elles sont rarement accessibles, ou si elles le sont, qu’elles finissent souvent en catastrophes…

Vu ma fatigue et mon état de réflexion intense, c’est décidé, ce soir je ne sors pas.
Juliette est sortie il y a quelques minutes, elle m’a dit qu’elle allait voir une amie.
Je me demande si l’amie en question est la fille – je ne sais pas son nom d’ailleurs -, et si oui, si elle parlera de moi ou inventera un mensonge tout comme je l’ai fais.
Et je repense encore une fois à elle…

Sensation étrange car pour une fois, la première fois même, je reste à l’appart pour la soirée alors que Juliette sort…

©Kanabutch qui est fière d'avoir tenue sa promesse :D

par Kanabutch publié dans : Romane
Dimanche 12 novembre 2006

Après deux semaines passées près des nuages, l’atterrissage a été difficile. En effet, après le premier soir puis le second, la demoiselle est restée jusqu’à ce matin… Je pense n’avoir jamais aussi peu dormi en deux semaines, tout au plus 4 heures par « nuit ». Yumi, car c’est comme ça qu’elle s’appelle, pourtant plus âgée que moi de deux ans, était infatigable, inépuisable, débordante d’énergie…
L’excuse de la cousine venue en vacances s’est une nouvelle fois imposée lorsque Juliette m’a demandé pourquoi elle restait là aussi longtemps. Ma famille s’agrandit sans que personne ne le sache, des cousines sortent d’ici et là assez régulièrement… Je me demande toujours comment elle peut croire à ces balivernes. En tout cas, cette crédulité m’arrange car je n’ai toujours pas envie de lui expliquer que ces filles ne sont pas mes cousines mais des amantes de plus ou moins longue durée…
Pour en revenir à Yumi, elle m’avait prévenu dès le début qu’elle n’était de passage dans la capitale que pour peu de temps. Venue à la base pour une grande expo photo, c’est pour rester avec moi qu’elle a prolongé ses vacances… Le rêve. Comme une histoire d’un soir, mais à l’échelle de deux semaines. Que demander de plus ? (tais toi petite voix dans ma tête qui me dit « la même chose pendant des années… »)
Je savais qu’elle devrait repartir. Je savais que ça ne durerait pas. Oui je savais. Mais comment ne pas espérer plus après deux si belles semaines. Une entente mutuelle parfaite, où les mots ne sont même pas nécessaires pour se comprendre.
Bref, elle n’est plus là.

 

La vie reprend après tout, après deux semaines intemporelles.
À part ça, Juliette ne parle toujours qu’aussi peu. J’ai recroisé la fille qui était là la dernière fois, et le couloir a semblé une nouvelle fois avoir rétrécit de telle sorte qu’elle n’est passée qu’à quelques centimètres de moi… Étrange.
Je me demande si Juliette se rend compte que les filles que je ramène ne reviennent quasiment jamais. Et aussi si elle sait que la fille est définitivement lez étant donné la manière dont mon gaydar s’affole lorsque le couloir fait des siennes…
Envie de partir loin. Prendre le train et me retrouver n’importe où…
Aujourd’hui mon corps et mon esprit sont fatigués.
Mes mots sont tellement décousus de sens et d’ordre que je crois qu’une bonne sieste s’impose…


Plus tard… dans la nuit…

 

Après une après-midi à déprimer, la solution pour remédier à cela m’est apparut comme des plus simples : sortir.
Après tout c’est vrai, soigner le mal par le mal. Oublier Yumi avec une autre, rien de plus simple n’est-ce pas. Comme toutes les autres…
Et d’ailleurs, cette sortie fut une merveilleuse idée.
À croire que les couloirs subissent des phénomènes étranges lorsque j’y croise la fille, mais alors que j’avançais vers le bar, je tombe… comment dire… ceinture à ceinture avec elle. La petite voix à l’intérieur de moi ne peut s’empêcher de jubiler « j’avais raison j’avais raison !! ».

 

La demoiselle m’offre un verre, puis deux, puis trois, puis… un nombre trop irraisonnable pour qu’il soit cité ici.
Et puis évidemment, avec une telle quantité d’alcool dans le sang, impossible de rentrer à l’appartement, et le hasard fait tellement bien les choses qu’elle habite à deux rues du bar.
Sensation bizarre d’aller pour une fois chez quelqu’un et non pas de ramener une fille à la maison.
Sensation bizarre rapidement remplacée par une sensation de plaisir et de bonheur…

 

Il est 7h, je viens de rentrer. Mon corps est épuisé, mais mon esprit est ailleurs…

©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Vendredi 13 octobre 2006

Rentrée difficile d’une soirée bien arrosée qui s’est terminé comme bien d’autres… Après avoir rouillé toute la journée en tournant en rond, je me décide à prendre une bonne douche froide et à sortir flâner dans les rues avec mon appareil photo numérique, meilleur allié lors des journées vides d’occupations. Je me laisse guider par l’écran de mon appareil et des différents paysages qui s’offrent à moi. Je laisse voguer mon imagination… En passant devant les maisons tantôt vides, tantôt remplies de gens, je m’amuse à imaginer leurs dialogues… À imaginer toutes les choses qui ont pu se passer dans ses pièces, dans ses jardins, dans ses vies.

Au détour d’une rue, je croise une fille qui comme moi, l’appareil à la main, prend des photos… Au premier coup d’œil, je remarque un bracelet arc-en-ciel qui confirme à mon gaydar affolé qu’elle en est. Habillée d’un jean troué, d’un sweat noir sur lequel figure de magnifiques motifs tribals blancs, ses cheveux lui tombent sur le visage de telle façon qu’ils ne laissent apparaître ses yeux. Mon ventre se remplit de papillons et rien qu’à sa vue mon imagination part loin dans le vide… Lorsqu’elle se tourne légèrement, le vent me permet d’apercevoir ses yeux marrons et un petit piercing à l’arcade gauche. Je reste plantée comme une imbécile en la regardant fixement. Au bout de 30 secondes elle se retourne totalement et croise mon regard. Et là, elle me sourit. Un éclair de lucidité me dit de détourner les yeux et de faire comme si je regardais ailleurs. Cet éclair fut bref, 20 secondes plus tard mon regard se pose à nouveau sur elle. Alors que je pensais qu’après cet échange intense elle tournerait les talons et s’en irait comme elle était venue, elle s’approcha finalement de moi d’un pas décidé. Je me retourne afin de regarder si c’est bien vers moi qu’elle se dirige, et force est de constater que la rue est vide. Elle me propose d’aller boire un verre. Nous avons donc passé le début de soirée tranquillement posées à la terrasse d’un bar sympathique, à échanger nos photos et nos tranches de vies… Vers 20 heures, nos ventres crient famines, c’est pourquoi nous avons décidés d’aller manger un morceau, puis de refaire un tour dans un bar du marais. Évidemment, après la faim, la soif. Évidemment, soirée 1 cocktail acheté = 2 cocktails offerts.

C’est donc avec une quantité d’alcool assez importante dans le sang que nous sortons, alors que le bar ferme ses portes. Le trottoir tourne, la rue ne va pas droit. Je lui propose de rentrer avec moi, chose qu’elle accepte en ne cessant de m’embrasser et de s’approcher de moi…

Arrivée à la porte de l’appart’, je tente de lui glisser un « chut, doucement, la petite fille sage de la maison dort ». Sans grande réussite… Je l’emmène donc rapidement dans ma chambre… À peine la porte refermée, la demoiselle qui m’apparaissait si réservée me plaque contre la porte… Je ne pensais pas qu’après tant de verres, on pouvait avoir une telle lucidité quant à ces choses… Pourtant c’est avec une grande maîtrise que les habits volent loin de moi… Mon bas-ventre ne cesse de papillonner, je tente en vain de me contrôler… Je me ressaisit et l’emporte avec moi sur le lit, où ses habits subiront le même sort que les miens… Nous nous retrouvons nues, nos corps enlacés dans l’obscurité… Mes mains dansent sur son corps si délicat… Je dépose sur ses lèvres de tendres baisers, et découvre qu’elle a la langue piercée… Des frissons parcourent mon corps… Son souffle devient de plus en plus rapide… Ma langue remplace mes mains et glisse sur tout son corps… Et puis…………….. La nuit fut longue... Le sommeil inexistant…

Lorsque ma tête s’est tournée vers le réveil, il était déjà 9 heures. Je dépose un baiser sur le front de la charmante demoiselle qui s’endort tendrement dans mes draps. J’enfile un baggy et un t-shirt, et je descends chercher le petit-déjeuner à la boulangerie. Une fois rentrée, je dépose les pains au chocolat et les verres de jus d’orange sur la table de chevet, et je me glisse à mon tour sous les draps, je me love dans ses bras…

Réveillées vers 14 heures, après une douche commune, la demoiselle toujours aussi belle que la vieille me laisse son numéro de portable, et me demande si le cœur m’en dit, que l’on peut se revoir le soir, aller faire un tour ensembles…

Il est 18 heures, après une sieste et une bonne douche, me voilà enfin un peu plus les pieds sur terre…

Je m’apprête à partir de nouveau au septième ciel…

©Kanabutch
par Kanabutch publié dans : Romane
Mercredi 6 septembre 2006

Ah Claire… Encore un week-end passé loin de tout, loin des boîtes, des bars… Un week-end qui ne devait être qu’une soirée et qui comme d’habitude s’est transformée en virée en bord de mer, seules, elle et moi.

Seules sur le sable, à regarder les vagues main dans la main, à penser à ces choses que nous voulons toutes les deux mais que nous ne ferons jamais ensembles… Pourquoi ? Cette question que je me pose depuis si longtemps. Et oui, pourquoi ? Pourquoi ces week-ends ne peuvent-ils pas se prolonger en une véritable relation de rêve ? Peut-être parce que justement cette même mer que nous admirons allongée sur le sable est celle qui nous sépare tous les jours. À défaut de la surmonter, nous restons là pendant des heures à l’observer , comme si une solution pouvait jaillir tout d’un coup de l’océan…

Mais depuis bientôt 4 ans, cette solution n’est toujours pas arrivée. Nous continuons à rester sur le sable, à s’embrasser, se câliner, et bien plus encore…

Rentrée à Paris, Claire repartie. Toujours cette même déchirure quand elle emprunte le sas qui l’emmène vers cet avion que je voudrais voir clouer au sol. Toujours cette horrible déchirure quand elle me dit au revoir les yeux fuyants, au bord des larmes, et m‘embrasse en sachant que les mois vont passer avant que l‘on ne puisse se revoir. Toujours cette envie stupide de faire comme dans les films américains et demander à arrêter l’avion pour qu’elle reste. Mais non elle ne restera pas. Non nous ne serons jamais ensembles. Et cette blessure profonde restera ouverte aussi longtemps que quelque part j’espérerais qu’un jour peut-être, un avenir serait possible et plausible...

Les souvenirs s’entassent dans un coin de ma mémoire en m’efforçant qu’ils ne ressortent que lorsque je suis avec elle. Et le reste du temps, oublier, l’oublier… Espérer une femme qui elle sera là, proche. Et toujours en attendant les bars, les rencontres d’un soir, les sites homos, les connaissances, les amies d’amies, tout et rien… Surtout rien.

Comme après chaque week-end, je passe quelques heures seule pour me remettre, et pour une fois, je ne sortirais pas.

 

Juliette a invité une amie ce soir. C’est bien la première fois que je vois quelqu’un de son « entourage » chez nous. Plutôt mignonne à vrai dire. Il me semble même l’avoir déjà croisé. Si c’est le cas, je me demande si Juliette sait qu’elle est probablement lesbienne… Si c’est le cas, peut-être lui a-t-elle caché après tout. Cela fait un peu plus d’un mois que Juliette et moi sommes colocataire et je me demande encore comment j’ai fais pour ne pas lui dire que je suis lesbienne, ou comment j’ai réussi à ne pas faire une énorme bourde qui lui aurait tout appris. Et surtout comment elle se débrouille pour ne pas comprendre. Ou alors peut-être pense-t-elle que j’ai beaucoup, beaucoup de cousines et une grande famille à rallonge…

Bref toujours est-il que pour une fois nous mangeons à trois, m’étant encore proposé pour faire le repas. Juliette avait l’air un peu gênée. À la fin du repas, lorsque nous avons débarrasser, l’amie de Juliette est passée bien proche de moi pour mettre les couverts dans l’évier… É videmment je me suis tout de suite dis que je devais me faire des idées, et que les poils légèrement hérissés sur ses bras devaient l’être en raison de la température assez basse de la cuisine…

Ne voulant pas les déranger, je me suis éclipsée dans ma chambre. Mon ordinateur sera mon seul compagnon pour ce soir… Mais également ma migraine infernal qui ne passe pas depuis le début d’après-midi…

Gwen, car c’est ainsi qu’elle s’appelle, et Juliette regarde un DVD dans le salon. Je me surprend à penser à Gwen et à me demander si son passage près de moi était intentionnel ou alors si mon cerveau me joue encore de vilains tours.

Alors, pour éviter de penser, je décide d’avaler un efferalgan, médicament magique qui possède l'extraordinaire faculté de m'assommer en à peine 5 minutes, et me plonge dans un profond sommeil jusqu'au lendemain.

©Kanabutch

par Kanabutch publié dans : Romane
Vendredi 1 septembre 2006

18 septembre 2006

Après cette dernière sortie du soir, le réveil fut difficile quand je m’aperçus que la veille je m’étais fais à moi-même la promesse stupide de ne plus sortir pendant un certain temps, afin de calmer toutes ses rencontres qui ne servent à rien, mais aussi peut-être pour me réhabituer à un train de vie plus normal, notamment parce que la rentrée se rapproche de plus en plus, mais aussi parce que j’avais eu en plus de ça l’idée (saugrenue ?) de parler (ou du moins communiquer pour commencer) davantage avec Juliette, et que pour se faire il fallait donc que je sois plus présente à l’appart’.

C’est pourquoi en ce beau lundi matin, pluie mis à part, j’ai décidé de ranger cette chose que l’on pourrait dénommée bombe nucléaire et qui n’est pourtant que l’endroit où nous vivons, et de faire un petit repas pour Juliette qui rentre ce midi, enfin si je ne me trompe pas. Après une bonne douche toujours autant efficace après une nuit où le sommeil ne fut pas vraiment au rendez-vous, j’entame la mission commando que je me suis fixé. Déblayer les tonnes d’habits qui traînent un peu partout, passer l’aspirateur, la serpillière, ranger les bouquins et cédés qui ne sont plus vraiment à leur place (cherchez l’euphémisme…), et surtout ne pas oublier de faire tout ceci avec la musique toujours aussi forte pour en faire profiter nos chers voisins. Accessoirement regarder l’horloge toutes les 10mins en me disant que merde il ne reste plus que 2heures avant que Juliette rentre et que le repas n’est toujours pas prêt… Finalement, après 4heures de rangement et 20mins de cuisine, l’appart’ est comme neuf, et on sent une bonne odeur de nourriture qui ne demande qu’à être mangé.

Quand Juliette est rentrée, je crois qu’elle a failli faire une crise cardiaque car en plus de lui ouvrir moi-même la porte, je lui ai adressé un « bonjour » ainsi qu’un « met toi à table ça va refroidir ! ». Si on s’en tient à ses yeux de merlan frit avec lesquels elle me regarda à ce moment là, je pense que ma surprise était réussie. Et quand je lui demanda si sa rentrée c’était bien passée, elle manqua de s’étouffer avec une spaghetti avant de me répondre que oui même si elle avait encore du mal à s’habituer à tout ce monde. Pour la première fois donc, Juliette et moi avons un échangé une vraie conversation, et non pas seulement des bouts de mots ou des monosyllabes, quel exploit, quel progrès !

 


24 septembre 2006

Après une semaine passée à l’appart’, Juliette et moi entretenons maintenant des discussions plus ou moins soutenues, même si cela reste pour le moment assez basique puisque nous n’évoquons pas spécialement nos vies respectives, à part peut-être la fac.

Comme elle va à la fac le matin, j’en profite pour dormir et quelques fois je prépare à manger, et l’après-midi je sors. Eh oui j’avais seulement dis plus de sorties de nuit, je ne peux quand même pas rester enfermée à l’appart’ ! Le cinéma est devenu mon meilleur ami depuis que mes amies justement ont toutes repris le travail et ne peuvent donc pas sortir dans la journée, et encore moins le soir. Et dire que bientôt cela sera sûrement mon cas… Mais je préfère ne pas penser à cela.

Après une semaine sans sorties, le manque commence tout de même à se faire sentir… Une longue réflexion plus tard, je me dis qu’après tout, une semaine c’est déjà bien. Et puis quand les cours auront commencé, je ne pourrais plus trop sortir, je n’ai pas spécialement envie de passer ma vie à la fac, alors autant être sérieuse et s’en tiré rapidement. Bon et puis il y a aussi ce texto de Claire, que j’ai reçu aujourd’hui… Qui me dit qu’elle est de passage sur Paris et qu’elle aimerait bien me voir… Comment refuser ou résister ? Alors que depuis des années nous nous cherchons, nous nous voyons, nous sortons ensembles dès que nous pouvons nous voir, même si chacune de nous deux sait très bien que cette relation n’est pas possible, distance et beaucoup d’autres choses obligent… Alors quoi, autant en profiter, on n’a qu’une vie n’est-ce pas ? Je préviens donc Juliette - en lui laissant un post-it à côté du repas que j’ai préparé afin qu’elle ne m’en veuille pas trop – que je ne serais pas là ce soir et que je ne rentrerais que demain matin très probablement…

Et après une semaine passée en ermite, la liberté, la vie qui revient…

©Kanabutch

par Kanabutch publié dans : Romane
 

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